Une étude de Kaspersky révèle pour la première fois l’ampleur réelle des arnaques par messagerie. Les chiffres montrent que les cybercriminels exploitent désormais l’IA avec une telle efficacité pour usurper l’identité de marques et industrialiser leurs escroqueries que les consommateurs peinent de plus en plus à distinguer les messages authentiques des contenus frauduleux.. De nombreuses victimes tombent ainsi dans le panneau à plusieurs reprises, certaines s’étant fait piéger jusqu’à cinq fois.
L’usurpation d’identité de marque figure désormais parmi les trois arnaques par messagerie les plus répandues au monde (31 %) et en France (24 %). Au-delà de l’impact financier et psychologique subi par les victimes, ces escroqueries détériorent durablement la relation client et le niveau d’engagement.
Effondrement de la confiance : la véritable communication des marques désormais suspectée
Ces données constituent un brutal rappel à la réalité pour les entreprises d’aujourd’hui. Une écrasante majorité (98 %) des consommateurs français déclarent ne plus faire confiance aux notifications reçues sur les canaux de messagerie après avoir été victimes d’une arnaque. Un chiffre qui traduit une rupture quasi totale de la confiance envers les canaux numériques pourtant utilisés quotidiennement par les marques pour contacter légitimement leurs clients.
Une telle méfiance n’a rien d’infondée. Les consommateurs sont assaillis au quotidien de messages conçus pour paraître crédibles et urgents, piégeant même les individus les plus prudents, toutes générations confondues. Ce volume massif crée inévitablement des failles, permettant aux messages frauduleux de s’infiltrer et de convaincre les victimes de céder leurs données personnelles et leur argent.
Les arnaques par messagerie ne sont plus des incidents rares ni isolés. Plus inquiétant encore, plus d’un consommateur français touché sur quatre (26 %) affirme avoir été piégé au moins trois fois, et pour la victime type, le dernier incident remonte à moins de six mois. Cette répétition alimente un cercle vicieux où la méfiance ne cesse de grandir, alors même que l’exposition et le risque restent omniprésents.
Les plateformes de messagerie de confiance deviennent des plaques tournantes pour les escroqueries
Élément déterminant : ces arnaques se déroulent précisément sur les canaux auxquels les marques et les consommateurs se fient le plus. L’étude montre que près de la moitié (43 %) des escroqueries débutent via SMS/iMessage, suivies de WhatsApp (33 %) et de Facebook (27 %).
De plus, plus de la moitié des arnaques en France (52 %) se déploient sur plusieurs plateformes avant que les victimes ne réalisent la supercherie. Cette approche multiplateforme renforce la crédibilité des cybercriminels et rend la détection particulièrement difficile.
Les messages légitimes et malveillants cohabitant au même endroit arborent fréquemment le même format et les mêmes codes d’urgence, laissant les consommateurs seuls pour arbitrer, privés de repères ou de signaux de confiance clairs.
« L’explosion des usurpations d’identité de marque propulsées par l’IA constitue une forme sophistiquée de manipulation émotionnelle : les cybercriminels exploitent notre confiance naturelle en imitant à la perfection les entreprises avec lesquelles nous interagissons au quotidien. En créant de fausses alertes et des situations d’urgence sur les applications de messagerie, ces attaquants profitent d’une faille de confiance généralisée et plongent même les utilisateurs les plus prudents dans un faux sentiment de sécurité. », explique Robert Siciliano, expert en sécurité reconnu et PDG de Protect Now
« Pour restaurer cette confiance, les entreprises doivent dépasser la simple défense passive pour adopter une stratégie proactive. Il s’agit de combler les manques d’information afin que les clients puissent repérer les signaux faibles d’une escroquerie avant de se faire piéger et de céder leurs données sensibles. Si nous ne modifions pas notre façon de protéger les personnes derrière leurs écrans, la frustration durable et les préjudices financiers engendrés par ces attaques dopées à l’IA continueront de fragiliser la sécurité de toute l’économie numérique. », conclut-il.
L’impact émotionnel sur les consommateurs
L’impact de ces escroqueries dépasse largement les simples pertes financières ou la fuite de données. Lorsque des consommateurs se font piéger en pensant interagir avec une marque de confiance, les conséquences émotionnelles s’avèrent à la fois lourdes et durables.
Dans les suites immédiates de l’arnaque, plus de la moitié (56 %) des victimes déclarent éprouver de la colère, 39% du désarroi et 35 % de la frustration. Or, ces ressentiments ne s’estompent pas avec le temps : six mois plus tard en moyenne, le sentiment de colère est présent pour 63% des victimes, tandis qu’un quart conserve ce sentiment de frustration (26 %) et un tiers reste affecté (32 %).
Ces sentiments négatifs finissent par s’associer durablement à la marque dont l’identité a été usurpée. Il en résulte des dégâts réputationnels sur le long terme, ce qui compromet l’efficacité de toutes les futures interactions légitimes avec la clientèle.
Grâce à l’IA, les escrocs prennent de vitesse les marques en industrialisant leurs attaques
Les cybercriminels exploitent l’IA pour démultiplier et perfectionner leurs attaques avec une rapidité et une précision stupéfiante. Selon l’étude, plus de la moitié (56 %) des personnes interrogées en France estiment que l’IA a joué un rôle dans l’arnaque subie, mentionnant des messages générés par l’IA (33 %), des voix synthétiques (21 %) ou des contenus visuels deepfakes (22 %) conçus pour paraître et résonner de manière tout à fait naturelle.
Alors que les entreprises investissent des milliards dans l’IA pour améliorer l’expérience client et fluidifier la communication, les escrocs exploitent cette même technologie pour saper leurs efforts. Ils conçoivent des interactions tout aussi persuasives, opportunes et convaincantes — voire davantage. Ces arnaques s’adaptent ainsi à toute vitesse et atteignent une portée massive avec laquelle les marques peinent aujourd’hui à rivaliser.
L’inaction met les marques en danger
L’étude souligne la nécessité pour les marques d’agir de manière décisive dans la lutte contre les escroqueries par messagerie. Face à l’évolution constante de la nature et de l’ampleur de ces arnaques, Kaspersky exhorte les entreprises à protéger à la fois leurs clients, leurs collaborateurs et l’intégrité de leur marque en adoptant une démarche proactive :
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Sensibiliser les consommateurs et les collaborateurs : mener des campagnes de sensibilisation en continu pour informer les clients sur les arnaques en cours et la manière de les identifier. Le déploiement d’un programme de formation pour les équipes permet de transmettre des informations pertinentes aux clients tout en développant leur propre résilience face aux cybermenaces.
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Définir des règles de communication claires : indiquer explicitement ce que la marque ne demandera jamais via les plateformes de messagerie et rediriger systématiquement les clients vers des canaux vérifiés et sécurisés pour toute action ou transaction sensible.
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Investir dans des outils de sécurité éprouvés : déployer des solutions de surveillance et de détection avancées afin d’identifier l’usurpation de marque sur les réseaux sociaux, les marketplaces et le dark web, et d’assurer également la neutralisation rapide des contenus malveillants.
« L’IA a accéléré les arnaques par usurpation d’identité de marque à un point tel que la confiance dans les messages du quotidien s’érode progressivement », déclare Maria Isabel Manjarrez, chercheuse séniore en sécurité au sein de l’équipe GReAT (Global Research & Analysis Team) de Kaspersky. « Nos recherches montrent qu’il est de plus en plus difficile de distinguer les messages légitimes des communications frauduleuses et, par conséquent, la confiance envers les marques référentes s’effrite. L’IA qui enrichit l’expérience client est cette même technologie transformée en arme contre eux. Face à cela, les entreprises doivent dépasser la simple réaction au cas par cas pour se concentrer sur la prévention. Cela passe par des capacités de détection accrues, des pratiques de communication plus claires et une sensibilisation continue des clients. »
Pour en savoir plus sur les analyses et les recommandations de Kaspersky pour des échanges en ligne plus sûrs, rendez-vous sur le blog Kaspersky Daily.
Télécharger le rapport de recherche complet.
Méthodologie de recherche
L’étude a été menée par Censuswide pour le compte de Kaspersky en avril 2026, auprès de 2 806 victimes d’arnaques par messagerie âgées de 16 à 61 ans, réparties en Europe (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Serbie), en Amérique du Nord (États-Unis) et en Afrique (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire).


