À Chaud :

Smile – Alter Way reçoivent la certification AWS IoT Competency pour leurs solutions IoT

Le Groupe Smile, leader européen du numérique ouvert et...

SASETY et Silverfort annoncent un partenariat pour une cybersécurité simplifiée et efficace

SASETY, l’expert français des services managés SASE et Cybersécurité,...

Accord-cadre CANUT : NXO en charge des solutions ToIP Cisco sur 4 ans

NXO, partenaire de proximité dans la conception et l’infogérance...
Expertise professionnelleCartographie des flux applicatifs, prérequis d’une stratégie Zero Trust interne

Cartographie des flux applicatifs, prérequis d’une stratégie Zero Trust interne

Par Yann Bruneau, Chief Solutions Officer, Squad Cybersolutions

Le principe du Zero Trust semble limpide : ne jamais faire confiance, toujours vérifier. Ce modèle s’est imposé comme un standard de sécurité pour les organisations modernes. Mais dans la réalité du terrain, il s’arrête trop tôt : encore trop souvent réduit à sa seule dimension d’accès distant, il s’efface dès qu’on franchit le périmètre interne. Résultat : une sécurité à deux vitesses, et des zones d’ombre qui continuent de menacer la résilience des entreprises.

Un modèle universel mal appliqué

Beaucoup d’organisations ont déployé des solutions de ZTNA pour remplacer leurs VPN, renforcer leurs politiques d’authentification multifacteur et moderniser leurs annuaires d’identités. Des avancées réelles, certes, mais qui ne règlent qu’une partie du problème.

Une fois dans le réseau interne, les utilisateurs, humains ou machines, contrôlés par des mécanismes de sécurité éculés, bénéficient encore d’une confiance implicite. On continue de considérer le LAN comme une zone « sûre », alors que les menaces modernes se propagent en interne.

Le mouvement latéral reste l’un des vecteurs d’attaque les plus sous-estimés : un compte compromis, un endpoint infecté ou un équipement mal isolé peuvent permettre à un acteur malveillant de se déplacer sans entrave entre serveurs, applications ou environnements.

En d’autres termes, le Zero Trust s’arrête souvent là où il devrait justement commencer : au cœur même des infrastructures internes.

 

Les trois piliers d’un Zero Trust cohérent

Pour atteindre une posture de sécurité réellement cohérente, il faut s’appuyer sur trois piliers complémentaires :

  • L’identité comme fondation

La gestion des identités est le socle du Zero Trust. Chaque accès, chaque connexion, chaque flux doit être associé à une identité vérifiée et continuellement évaluée. Cela suppose une gouvernance rigoureuse des identités humaines (IAM) et non-humaines (workload identities, comptes de service), une authentification forte systématique, et une analyse continue du contexte et des comportements. L’identité devient le nouveau périmètre : sans elle, aucune politique de confiance ne peut tenir.

  • Le contrôle d’accès universel

Le Zero Trust exige une politique de contrôle uniforme, quel que soit le point d’accès, la localisation ou le type d’utilisateur. Les technologies d’Universal ZTNA permettent d’étendre cette logique au-delà des accès distants : sièges, agences, sites industriels, clouds et interconnexions doivent être traités avec la même rigueur. Cette approche supprime la frontière artificielle entre « remote » et « on-premise », et renforce la visibilité sur l’ensemble des connexions.

  • La micro-segmentation pour limiter la propagation

La brique la plus souvent négligée reste la micro-segmentation. Elle permet de limiter la surconnectivité interne, de restreindre les flux à ce qui est strictement nécessaire, et d’isoler les environnements critiques (OT, data centers, workloads cloud, etc.). Cette granularité transforme profondément la posture de sécurité : les flux deviennent explicites, la visibilité est complète, et chaque communication peut être analysée, vérifiée et consignée.

Ces trois piliers forment un tout indissociable : l’identité vérifie « qui », le contrôle d’accès détermine « quoi » et « où », et la micro-segmentation contraint « comment ».

 

Changer de paradigme : du modèle de segmentation réseau au modèle de confiance

Mettre en œuvre un Zero Trust cohérent, ce n’est pas une affaire d’outils, c’est un changement de paradigme.

Il s’agit de passer d’une logique de topologie réseau à une logique de modèle de confiance. Plus question de seulement raisonner en VLAN, zones DMZ ou segments « internes » : chaque flux doit être justifié, chaque communication explicitement autorisée, indépendamment de sa provenance topologique.

Cette transformation exige une cartographie fine des dépendances applicatives, une connaissance précise des flux métier, et une collaboration renforcée entre les équipes sécurité, réseau, identités et opérations. Ce n’est qu’à cette condition que l’on peut construire des politiques de confiance granulaires, basées sur le contexte réel des échanges et non sur des présomptions héritées de l’architecture physique.

Le Zero Trust n’est pas un produit ni une norme : c’est un cadre d’architecture, une philosophie opérationnelle. Tant que les organisations continueront de tracer une frontière entre « extérieur » et « intérieur », elles resteront vulnérables aux menaces les plus pernicieuses. Un Zero Trust universel, qui articule identité, contrôle d’accès et segmentation, n’est pas seulement un idéal technique : c’est une condition sine qua non de résilience face à des attaques toujours plus furtives et dynamiques.

 

à lire aussi

Souveraineté numérique et facturation électronique, un levier stratégique pour la France

Tribune de Nicolas Ricard, PDG et Cofondateur d’Axonaut En France,...

Botmaster AI introduit sa technologie d’agents IA autonomes sur le marché français

BotmasterAI met à disposition des entreprises une force de...

Moderniser l’administration publique grâce à des systèmes IP et DECT interconnectés

La modernisation de l'administration publique ne saurait se limiter...

Dans la même catégorie

Souveraineté numérique et facturation électronique, un levier stratégique pour la France

Tribune de Nicolas Ricard, PDG et Cofondateur d’Axonaut En France,...

Moderniser l’administration publique grâce à des systèmes IP et DECT interconnectés

La modernisation de l'administration publique ne saurait se limiter...

Les risques de la non-conformité pour les institutions financières

Les exigences imposées aux institutions financières se renforcent partout...

Les fournisseurs TEM face aux enjeux du mid-market européen

Un marché en croissance, une inadéquation persistante La demande pour...

Ça pourrait vous interresser

La dette IAM et la nécessité d’une IGA opérationnelle et durable

À mesure que les organisations grandissent, leur système d’information se complexifie. Nouveaux collaborateurs, multiplication des applications SaaS, mobilités internes plus fréquentes : chaque évolution...

Structurer la gouvernance des données, un enjeu prioritaire pour les entreprises

Plus que jamais, la donnée se positionne comme un asset stratégique pour toutes les organisations. En ce sens, en assurer une bonne gouvernance n’est...

NIS 2 Comment transformer la directive en levier opérationnel ?

n janvier 2023, la directive NIS 2 (Network and Information Security) est entrée en vigueur au niveau européen. Les États membres avaient jusqu’au 17...