Les équipes finance consacrent généralement entre 21 et 40 heures par mois à la préparation des tableaux de bord destinés aux dirigeants. Dans les grandes entreprises, 18 % y passent plus de 80 heures malgré des usages avancés de l’IA.
L’intelligence artificielle permet aux directions financières de traiter davantage de données et d’exécuter des analyses plus complexes. Ces capacités ne se traduisent toutefois pas encore par une réduction du temps consacré au reporting. D’après le CFO Index du troisième trimestre 2026 publié par Pigment, la majorité des équipes finance passent entre 21 et 40 heures par mois à préparer des tableaux de bord pour leur direction. Une personne interrogée sur cinq y consacre plus de 40 heures.
La charge augmente avec la taille de l’organisation. Dans les grandes entreprises, 39 % des répondants dépassent 40 heures de reporting mensuel et 18 % franchissent le seuil de 80 heures. Les organisations les plus matures dans l’utilisation de l’IA y consacrent également davantage de temps que les autres.
Plus d’analyses à transformer en décisions
L’IA accélère la production de données, multiplie les scénarios disponibles et facilite certaines analyses. Ces informations doivent cependant être vérifiées, rapprochées des priorités de l’entreprise puis synthétisées avant d’être présentées aux dirigeants.
Le gain obtenu lors de la production peut donc être absorbé par le travail nécessaire pour sélectionner les résultats pertinents et expliquer leurs conséquences. Le reporting ne disparaît pas. Il change de nature et porte sur un volume croissant d’informations. Cette situation intervient alors que les dépenses d’IA restent elles-mêmes difficiles à suivre. Quelque 83 % des organisations interrogées ont dépassé leurs prévisions pour les services facturés selon leur consommation. Les équipes finance doivent ainsi mesurer les effets économiques de l’IA tout en utilisant cette technologie pour produire leurs analyses.
Des fonctions financières en recomposition
L’étude de Pigment ne décrit pas une disparition généralisée des postes. Près d’un tiers des entreprises, soit 32 %, déclarent que l’IA a entraîné une augmentation des effectifs de la finance, contre 20 % qui font état d’une diminution. Les grandes organisations se distinguent toutefois avec une proportion de suppressions de postes atteignant 25 %.
Les changements portent surtout sur le contenu des fonctions. Parmi les répondants, 36 % ont modifié le périmètre des rôles existants et 33 % ont réduit les recrutements pour les tâches que l’IA peut désormais prendre en charge. Dans le même temps, 28 % ont créé de nouveaux postes et une proportion identique a recruté des spécialistes de l’IA ou de la donnée.
Ces résultats suggèrent que l’automatisation déplace le travail davantage qu’elle ne le supprime. Les équipes doivent moins consacrer leur expertise à produire des chiffres qu’à en contrôler la qualité, interpréter les écarts et présenter des choix compréhensibles à la direction. La prochaine étape de l’adoption de l’IA dans la finance dépendra donc moins du nombre d’outils déployés que de leur intégration aux processus de planification. Tant que l’augmentation des capacités d’analyse s’accompagnera d’une hausse du temps de synthèse, le principal gain restera à trouver dans l’organisation du travail et la circulation de l’information.


