Connecter un agent à davantage de sources ne garantit pas la pertinence de ses réponses. Pour les DSI, l’enjeu consiste à associer qualité des données, gouvernance et contexte métier avant d’automatiser les décisions.
Le principe d’un accès élargi à l’information trouve une traduction particulière dans l’entreprise. Les données sont souvent disponibles, mais réparties entre plusieurs applications, structurées selon des règles différentes et destinées à des usages précis. Un agent peut techniquement consulter ces sources sans pour autant disposer des éléments nécessaires pour les interpréter correctement. Cette distinction devient importante lorsque l’intelligence artificielle ne se contente plus de rechercher une information. Un agent peut rapprocher plusieurs données, répondre à une question métier et engager une action. Une erreur d’interprétation ne reste alors pas limitée au contenu d’une réponse. Elle peut se prolonger dans un processus opérationnel.
Donner du sens avant de donner davantage d’accès
Pour Arnaud Chiffert, Country Manager France de Snowflake, l’ouverture de nouvelles sources ne constitue pas une réponse suffisante. « Mais donner à un agent accès à davantage de données ne le rend pas automatiquement plus utile. L’essentiel est qu’il puisse s’appuyer sur des données fiables et gouvernées, ainsi que sur le contexte métier nécessaire pour transformer ces données en informations réellement exploitables. »
Le contexte métier permet notamment de replacer une information dans le processus auquel elle appartient. Une même donnée peut répondre à des besoins différents selon l’équipe qui la consulte, la décision préparée ou l’étape du workflow. Le rôle de la gouvernance consiste à préserver ces distinctions tout en donnant aux agents un accès utilisable aux informations autorisées. Pour la DSI, le sujet ne se résume donc pas au raccordement technique des applications. Il faut identifier les sources de référence, déterminer les règles d’accès et organiser la traçabilité des utilisations. Ces choix conditionnent la capacité des équipes à comprendre sur quelles informations un agent s’est appuyé et à vérifier la pertinence du résultat produit.
Faire de la gouvernance un mécanisme opérationnel
La gouvernance est parfois perçue comme une étape préalable qui ralentit les projets. Avec les agents, elle devient au contraire une condition de leur fonctionnement dans la durée. Les règles doivent pouvoir suivre l’information lorsqu’elle est mobilisée dans un autre système et continuer à s’appliquer lorsque l’agent utilise un outil ou déclenche une action.
Cette évolution conduit à rapprocher les politiques de données et les mécanismes d’orchestration. Les droits ne portent plus uniquement sur les informations visibles. Ils doivent aussi préciser les outils accessibles, les opérations autorisées et les traces à conserver. L’entreprise peut alors élargir progressivement les capacités d’un agent sans lui ouvrir indistinctement l’ensemble de son patrimoine informationnel. La valeur d’un agent dépend finalement moins du volume de données à sa disposition que de sa capacité à utiliser la bonne information dans une situation donnée. Pour les DSI, le défi consiste à construire ce lien entre accès, fiabilité et compréhension métier. L’ouverture des données devient utile lorsqu’elle s’accompagne d’un cadre permettant de savoir ce que l’agent peut comprendre, décider et exécuter.


